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Il, elle, iel ou ille? Quel langage neutre utiliser en français? | Gender neutral language in French, does it exist?

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Lorsque j’étais membre du Tribunal des droits de la personne de l’Ontario, j’ai présidé à une audience qui se déroulait en anglais où une des parties désirait être identifiée par le pronom « they ». Et si l’audience s’était déroulée en français? Est-ce qu’il y a un terme correspondant? On le sait, la langue française n’est pas neutre; tout est forcément féminin ou masculin. Par exemple, dans les procédures judiciaires, on parle de demandeur/demanderesse, requérant/requérante, plaignant/plaignante, défendeur/défenderesse ou encore intimé/intimée. Quoi faire dans le cas d’une personne non binaire qui ne s’identifie ni par le féminin ni par le masculin?

La Commission des droits de la personne note que le refus de désigner une personne trans par le nom de son choix ou par un pronom personnel qui correspond à son identité sexuelle est susceptible de constituer une forme de discrimination lorsqu’elle survient dans un domaine social couvert par le Code des droits de la personne de l’Ontario. La loi ne précise toutefois pas si une personne peut exiger l’emploi d’un pronom non sexospécifique en particulier. La Commission reconnaît également que même s’il est possible d’utiliser « they » en anglais, il n’y a pas de terme correspondant utilisé de façon courante en français.

Il importe donc, en français et en anglais de respecter une personne non binaire dans l’emploi de notre langage envers cette personne, mais comment?

Tout d’abord, la rédaction épicène peut nous venir en aide. Afin d’éviter l’utilisation systématique du genre masculin, l’Office québécois de la langue française encourage la rédaction épicène, un style rédactionnel qui fait appel aux doublets d’appellations de personnes au masculin et au féminin et aux formulations neutres. Par exemple, plutôt que toujours faire référence à un employé, on parlera d’un employé/d’une employée ou encore d’un membre du personnel.

Pour la désignation de personnes non binaires, l’Office décrit deux styles rédactionnels, tout en nous avertissant qu’aucun changement général concernant la distinction grammaticale masculin/féminin ne se profile à l’horizon.

Les styles décrits par l’Office incluent une rédaction bigenrée qui consiste en l’utilisation de termes qui combinent le masculin et le féminin comme frœur ou freure en remplacement de frère/sœur ou l’utilisation de pronoms issus de la contraction des formes masculine et féminine d’un mot, comme ielyel ou ille (issus de il et elle). L’accord des adjectifs et des participes passés se fait au moyen de formes contractées comme valeureuxe (de valeureux et valeureuse) ou de doublets abrégés (arrivé(e) au lieu de arrivé ou arrivée).

L’autre style décrit par l’Office est la rédaction non genrée, qui fait disparaître les genres grammaticaux masculin et féminin. Elle fait appel à des pronoms et à des déterminants neutres qui ne sont pas issus des formes masculines et féminines, comme ul ou ol (au lieu de il ou de elle), ou mo (au lieu de mon ou de ma). L’accord des verbes peut se faire par une lettre (T ou z) ou par deux lettres  (ae)  : ul est aimeT  ou ol est bien entourae.

L’Académie de la langue française, quant à elle, rejette l’écriture dite inclusive déclarant qu’elle aboutit à une langue désunie et qu’elle rendra l’acquisition de la langue plus difficile avec l’ajout de formes secondes et altérées.

Sans vouloir m’insérer dans le débat portant sur l’évolution et la survie de la langue française, il reste qu’en milieu de travail en Ontario, il importe de respecter l’identité et l’expression de l’identité sexuelle de chaque personne. Vous noterez dans la phrase précédente, et partout dans ce texte, l’utilisation délibérée de mots comme « personne », « membre » et « partie » qui sont des termes neutres. On peut également parfois avoir recours au pronom indéfini « on ». En matière d’enquêtes, plutôt que parler d’un plaignant/plaignante ou intimé/intimée, on parlera d’une personne qui porte plainte et une personne qui fait l’objet d’une plainte ou, de la partie principale et de la partie intimée.

Et, en tout cas de doute, il convient de demander à une personne comment elle souhaite être abordée.


French is not a gender-neutral language, which presents added challenges when referring to individuals who identify as non-binary. There is no corresponding term to “they” in French. As noted by the Ontario Human Rights Commission, deliberately misusing pronouns can be a form of discrimination under the Human Rights Code. In French and in English, it is therefore important and respectful to refer to someone by the pronoun of their choice. The author describes neutral terminology and language styles that may be used. Ultimately, in case of doubt, it is a good practice to respectfully ask someone how they wish to be identified.